Cookie Settings
 
Dyslipidémies

2021-03-11

5 MIN DE LECTURE

Cœur & diabète : optimiser la prise en charge en gérant les facteurs de risque

Le diabète peut entrainer des complications cardiovasculaires et il est en soi un facteur de risque cardiovasculaire. Il est donc essentiel de dépister tous les facteurs de risque et d’estimer précisément le risque cardiovasculaire de chaque patient afin d’établir une stratégie de prise en charge la plus fine et la plus individualisée possible.

Les facteurs de risque peuvent être constitutifs non modifiables (comme l’âge, le sexe, l’hérédité), comportementaux modifiables (le tabagisme, l’alimentation, la consommation d’alcool, l’obésité, la sédentarité, les facteurs psychosociaux), biochimiques et biophysiques (le diabète, les dyslipidémies, l’HTA ou le syndrome métabolique) ou environnementaux non modifiables (climat, pollution)1. La liste des marqueurs de risque s’allonge encore avec l’hyperhomocystéinémie ou les marqueurs inflammatoires comme le fibrinogène et la protéine C-réactive. Reste que les principaux facteurs de risque à évaluer sont le statut tabagique, l’HTA, le LDL-c et le diabète.

Pour optimiser la prise en charge des patients diabétiques, il convient de gérer en tout premier lieu les anomalies lipidiques – la perturbation du métabolisme lipidique semble en effet être un événement précoce dans le développement du diabète de type 2 et pourrait précéder la maladie de plusieurs années. La réalisation d’un bilan (exploration d’une anomalie lipidique : EAL) est donc indispensable à la pratique :

  • Lors de l’évaluation initiale du risque cardio-vasculaire des patients, pour disposer d’une appréciation du niveau de risque individuel et
  • Lors du suivi pour estimer l’efficacité du traitement, s’assurer de l’observance, motiver les patients à propos des règles hygiéno-diététiques et guider l’intensification éventuelle du traitement2.

Plusieurs études ont montré la relation linéaire entre le taux de LDL-C et la survenue d’événements cardiovasculaires aussi bien en prévention primaire que secondaire. Le LDL-c est le facteur causal et central de la maladie athéromateuse.

La dyslipidémie diabétique est une anomalie métabolique qui a son origine dans l’incapacité du corps de gérer correctement le métabolisme des triglycérides. Ce défaut a de lourdes conséquences : une élévation importante des chylomicrons associée à une augmentation des VLDL (lipoprotéines de très faible densité). Ces changements sont très athérogènes car cette augmentation des VLDL implique un transfert de triglycérides vers les particules de LDL et HDL. Ce transfert va modifier le comportement cellulaire et transformer ces particules de cholestérol en particules plus petites et plus denses3,4.

La dyslipidémie diabétique représente donc une série de changements pathologiques, qualitatifs et quantitatifs, du profil lipidique des patients. Ce qui peut, comme il l’a été démontré de nombreuses fois dans la littérature, multiplier fortement le risque de maladie cardiovasculaire par addition d’un nouveau facteur de risque.

 
Schéma
 

Le taux de LDL-c chez les diabétiques est un facteur prédictif du risque d’évènement cardiovasculaire. Les données de l’étude TECOS montre que le taux de LDL-c est significativement associe a la mortalité cardiovasculaire chez les patients diabétiques de type 2 (avec une maladie contrôlée). Il pourrait y avoir un bénéfice a atteindre un taux de LDL-c < 0,7 g/L sur la survenue d’événements cardiovasculaires a 5 ans comme le montre le graphique et le tableau. Chaque augmentation de LDL-c de 0,1 g/L augmente de +6% de mortalité CV et de +5% la mortalité CV, les infarctus ou AVC.5

Pour que le risque cardiovasculaire des patients ayant un diabète converge vers celui de la population générale, il est indispensable de contrôler tous les facteurs de risque notamment l’augmentation du LDL cholestérol afin de minimiser la progression de la maladie athéromateuse.

 

1Jacob S et Ferrières J. Risque cardiovasculaire. Diabète & Obésité. 2015 ; 10(89):127-132
2Couderc R et al. Le bilan lipidique en 2017. Ann Biol Clin. 2017 ;75(6) : 646-652
3Lecerf JM. Lipides et diabète : comprendre, interpréter et traiter une dyslipidémie chez un diabétique. Act Med Int. 2000 ; 4(2) :69-77
4Chehade J et at. Dyslipidemia in type 2 diabetes: prevalence, pathophysiology, and management. Drugs 2013;73:327-339
5De Ferrari GM, et al. Low-density lipoprotein cholesterol treatment and outcomes in patients with type 2 diabetes and established cardiovascular disease: Insights from TECOS. Am Heart J. 2020 Feb;220:82-88.

FR-EZA-11015 – Mars 2021

Ce contenu vous intéresse ? Finalisez sans attendre votre inscription en cliquant sur le bouton « Se connecter »